Accueil

"Agir en juif, c'est chaque fois un nouveau départ sur une ancienne route" Abraham Heschel

Beth Hillel Beth Hillel Beth Hillel Beth Hillel Beth Hillel

Lag Baomer

Lag Baomer May 14, 2017 12

"Trente-troisième (jour) du Omer"

L'Omer (mesure équivalant à +ou- 2 litres) est l'offrande d'orge nouveau que l'on devait apporter au Temple le 2ème jour de Pessah. La Bible prescrit: "vous compterez chacun, depuis le lendemain de la fête, depuis le jour où vous aurez offert l'omer du balancement, sept semaines qui doivent être entières" (Lév 23,15), et le cinquantième jour sera la fête de Chavouot, c'est à dire du don de la Tora. Or, après la destruction du Temple et l'interruption de toutes les offrandes, la pratique de compter les jours entre Pessah et Chavouot survécut sous la seule autorité rabbinique.

Maïmonide explique que le comput quotidien des jours entre Pessah et Chavouot exprime la hâte du peuple à célébrer la fête marquant l'anniversaire de la Révélation et du don de la Torah. Dans le même esprit d'autres maîtres soulignent que la fête de la libération (Pessah) est incomplète sans la fête du don de la Torah (Chavouot), car la liberté sans la Loi peut être destructrice. Un pont est donc nécessaire qui relie les deux fêtes et conjugue leurs idéaux de liberté et de loi. Le comput de l'Omer représente ce pont.

La valeur numérique des lettres lamed et gimmel  est égale à 33, et se prononce lag. Cette fête est célébrée depuis l'époque gaonique (du 6ème au 11ème siècle è.c.) le 18 Iyyar, mais son origine est incertaine. Elle pourrait commémorer la fin d'une terrible épidémie qui tua vingt-quatre mille disciples de Rabbi Aqiva au cours du soulèvement de Bar Kokhba (132-135 è.c.), en effet le 2ème nom donné à cette fête "La fête des Sages", pourrait faire allusion à cet évènement. Une autre hypothèse est liée à des évènements militaires antérieurs, relatés par Flavius Joseph dans La Guerre des Juifs: des groupes de nationalistes juifs qui fomentaient une insurrection contre l'oppresseur romain auraient décidé de prendre les armes le 33ème jour de l'Omer et, pour détourner l'attention des Romains, ils auraient désigné la date prévue pour le soulèvement du nom codé de Lag ba-Omer. De toute façon, cette fête est liée à l'histoire du nationalisme juif. Même après leur défaite, les Juifs tinrent à la célébrer afin de rappeler à la postérité leur lutte désespérée pour la liberté.

Il n'existe pas de loi particulière concernant la façon de célébrer Lag ba-Omer. Cependant chez les Ashkénazes, les interdictions pesant sur la période de l'Omer sont oubliées pour un jour. On peut célébrer des mariages et des fêtes publiques ou privées. La musique et la coupe des cheveux sont autorisées. Chez les Séfarades, Lag ba-Omer marque la fin de la période de deuil, cependant les interdictions ne sont levées que le lendemain mais pour toute la fin de l'Omer.  En Israël, la fête est aussi liée au souvenir de Rabbi Siméon bar Yohaï (2ème siècle è.c.) qui fut selon la tradition le rédacteur du Zohar et qui serait mort un 18 Iyyar. Il est enterré à Méron près de Safed, et aujourd'hui encore, le jour de Lag ba-Omer, des milliers de Juifs séfarades viennent de tout Israël en pèlerinage sur le site présumé de son tombeau.

Monique Ebstein