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"Agir en juif, c'est chaque fois un nouveau départ sur une ancienne route" Abraham Heschel

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Pourim

Pourim February 28, 2018 6 February 28, 2018 8 Erev Pourim: Office & lecture de la Meguilah
Pourim March 1, 2018 12 March 1, 2018 12 Pourim - 14 Adar 5778
Pourim March 3, 2018 8 March 3, 2018 11 IJC : Grand Bal Masqué (Tous les membres Beth Hillel bienvenus, of course...)
Pourim March 4, 2018 10 March 4, 2018 2 Beth Hillel Brunch de Pourim (Pour se remettre du Bal Masqué d'IJC, all IJC members welcome of course...)

C'est une fête mineure qui se célèbre le 14 Adar, et lorsqu'il s'agit d'une année embolismique (c'est à dire comportant 2 mois d'Adar), elle se célèbre le 14 de l'Adar chéni (2ème Adar).

Cette fête trouve sa source dans l'Histoire. Elle se rapporte au temps du Roi des Perses, Assuérus (Xerxès ?) 485-465 avant l'e.c. et de la Reine Esther qui était juive.

Le chef des armées persanes, Haman, que le roi avait élevé au rang de Grand-Vizir, avait décidé d'exterminer les Juifs persans car ils refusaient de se prosterner devant lui. Il tira au sort ("pour" en akkadien) le jour qui devait être celui de leur massacre et ce fut le 13 Adar. Mais la reine Esther et son cousin Mardochée réussirent à sauver les Juifs du désastre qui les menaçait. Haman fut pendu au gibet qu'il avait préparé pour Mardochée et celui-ci reçut les plus grands honneurs. En souvenir de cet évènement, on institua le 13 Adar comme jour commémorant le jeûne d'intercession de la Reine Esther, et l'on fête Pourim le 14 Adar, en souvenir du grand danger auquel échappa le peuple juif exilé en Perse.

Le point culminant de la fête est la lecture de la "Meguillah", c'est à dire du rouleau d'Esther, à la synagogue, la veille et le matin de Pourim. Cette lecture est très appréciée par les enfants et les jeunes présents aux offices, car à chaque évocation du nom de Haman, (il y en a 47), ils manifestent leur colère en agitant une crécelle. On peut facilement imaginer le tapage et l'ambiance joyeuse qui règnent pendant cette lecture. Au cours du repas de fête, il faut boire du vin car c'est grâce à l'effet du vin sur Assuérus que la Reine Esther a pu sauver les Juifs.

La tradition recommande d'agir en sorte que tout le monde puisse se réjouir à Pourim. A cette fin, il est d’usage de faire des dons aux pauvres et d'échanger de la nourriture avec des amis. Parmi les plats traditionnels, il y a des pâtisseries frites appelées "oreilles de Haman" (Ozne Haman) et des petits pains triangulaires fourrés de dattes, de pruneaux, de graines de pavot qui en yiddish sont appelées "Houmentaschen" (les poches de Haman). La coutume veut aussi que les parents donnent le "Pourim-gelt" (c'est à dire de l'argent pour Pourim) à leurs enfants.

Pour cette fête, un véritable esprit de carnaval règne en Israël, et les rues sont pleines d'adultes et d'enfants déguisés.

L'historicité des évènements que l'on célèbre à Pourim soulève cependant des critiques. En effet, les sources de l'ancienne Perse ne mentionnent aucun roi ayant eu un ministre juif. De plus, les analogies entre les noms d'Esther et de Mordekhaï (Mardochée) et des dieux babyloniens Ishtar et Marduk, ainsi que l'absence à toute allusion à Pourim dans la littérature juive antérieure au 1er siècle avant l'e.c. posent problème. Diverses hypothèses ont été proposées, mais aucune n'a prévalu jusqu'à présent. La fête de Pourim a été entérinée au 2ème siècle de l'ère courante avec la rédaction du traité "Méguillah" de la Michnah.

Dans la Kabbale et la littérature hassidique, la fête de Pourim est considérée comme une commémoration de l'œuvre divine, mais de façon indirecte, car Dieu n'est jamais mentionné dans le livre.

Si cette fête ne véhicule aucun message éthique ou religieux clair, elle est empreinte néanmoins, comme celle de Hanoucca, d'un très fort attachement national à la terre et à l'histoire de nos ancêtres. Elle commémore la victoire des Juifs sur leurs ennemis et la chute d'Haman qui incarne l'archétype de l'antisémite.

Monique Ebstein z"l