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"Agir en juif, c'est chaque fois un nouveau départ sur une ancienne route" Abraham Heschel

Beth Hillel Beth Hillel Beth Hillel Beth Hillel Beth Hillel

Introduction

La synagogue Beth Hillel, lieu d’étude, d’activités communautaires et de culte de la Communauté Israélite Libérale de Belgique, centre de la vie religieuse juive en Belgique d’obédience réformée, voit le jour en 1965.

A cette époque, un noyau d’innovateurs décide de se réunir pour vivre, à Bruxelles, un judaïsme ouvert, actualisé, tel celui qui ne se pratique, alors, plus couramment que dans les pays anglo-saxons. En effet, la Shoa a, avec la disparition de millions d’êtres humains, aussi balayé quasi-totalement de la face du monde l’existence du courant novateur du judaïsme européen.

Les Juifs adeptes du libéralisme religieux, relativement nombreux avant guerre en Europe Occidentale étaient souvent natifs d’Allemagne, pays d’origine de la Réforme juive du XIXème siècle...

Des amis, donc, se réunissent. Ils s’appellent Heller Meerapfel, un homme d’une générosité hors du commun, Erick Sandor z’’l , Victor Simons z’’l, Bob Lewison, Herbert Salomon z’’l, rejoints bientôt par Eric Osterweil, Geoffrey King, Georges Blum z’’l, Peter Kay. Ils sont assistés, au secrétariat, d’Eleanor Wexler et soutenus dans leurs efforts pour construire leur rêve par des femmes pionnières de la «sisterhood» dont font partie l’énergique Marcia Lewison et Marianne Salomon z’’l.

Des rabbins viennent, le temps d’un office. Il y a Yacob Soetendorp z’’l, Lionel Blue, Nissim Gabbaï z’’l. C’est ce dernier qui contacte le rabbin Abraham Dahan, qui préside depuis maintenant 40 ans aux destinées de la synagogue Beth Hillel…

Dès le début, le rabbin Dahan met sur pied une école du dimanche et y prodigue son enseignement. Des enfants francophones et anglophones s’y côtoient. Mais à la demande d’un certain nombre de parents sensibles à plus de conformité à la tradition réformiste américaine ou libérale anglaise, un programme spécifique débute, en mars 1968, mené par Peggy Meerapfel et Bernard Lavenda.

De l’appartement de Bob Lewison, où les pionniers de Beth Hillel se réunissent, la petite communauté Seder de Pessah, avenue Albertnaissante de l’ «Union Israélite Libérale de Belgique» émigre vers un appartement qu’elle loue, au numéro 118 de l’avenue Albert, dans un immeuble style «bel-étage» de l’entre-deux guerres, typique de ce quartier du sud de la capitale. Il y a, là, une petite salle qui, pendant des années, va servir à la fois de lieu de prière, d’étude et de salle pour les simhot (fêtes) et, y attenante, une chambrette: le bureau.

Seder de Pessah, avenue Albert

Premiers mariages, premières brith milah (circoncision), premières bar mitzva (cérémonie de passage du garçon à la majorité religieuse), en présence, un certain temps, d’un jeune hazan (chantre), Abraham Jacobi, qui émigre aux Etats-Unis en 1968, année de l’apparition de la revue de la communauté libérale, le «Shofar» qui n’a jamais cessé, depuis lors, de paraître.

Le 6 juin 1970, une première petite jeune fille fait sa «confirmation» à la synagogue: Rabin Evans. La voie est ouverte à ce qui va, entre autres, bientôt faire le succès de Beth Hillel: la préparation des filles à une véritable bat mitzva préparée et accomplie à l’identique de ce que la tradition ne réserve alors, en Belgique, qu’aux seuls garçons.

La communauté se développe.Et au fur et à mesure que s’égrène le temps des fêtes, l’espace semble de plus en plus exigu. Certes, la chaleur des offices, la convivialité des activités communautaires, la bonne humeur dans l’étude sont omniprésentes ! Mais tout de même…

La nécessité de trouver un nouveau lieu est, au printemps de l’année 1970, ainsi exprimée par Eric Osterweil : «… nos locaux sont trop petits pour les offices des grandes fêtes, pour nos réunions ; il nous manque des salles de classe pour notre école religieuse et de l’espace pour les classes d’adulte… et ces lieux ne conviennent guère au caractère d’une synagogue…»

Abraham Dahan, Rabbi à tout faire !!

Le 25 mars 1976, un entrepôt situé avenue de Kersbeek est acquis. Les travaux débutent. Chacun y prend part: dimanches de peinture, d’isolation des plafonds, de nettoyage effectués par des jeunes, des membres, des amis, des voisins, des prêtres, des sœurs qui, apprenant que des bénévoles participent à la réalisation d’une synagogue, viennent fraternellement offrir leurs services. L’abbé Schoefs, dans sa petite camionnette, déménage un Aron Hakodesh (armoire dans laquelle sont entreposés les rouleaux de la Torah – la Bible) que le camion de Jacques Raffeld z’’l, paralysé par la neige, n’a pu transporter. Un grand thermomètre rouge, imaginé par Ernest Moskovic, est dessiné et témoigne, au niveau grandissant de sa couleur, de la fervente générosité et de l’enthousiasme général grâce auxquels d’immeuble industriel, le lieu se transforme en synagogue inaugurée le 6 mai 1979, sous la présidence de Paul-Gérard Ebstein.

Au-delà de la structuration de la communauté, de la mise sur pied d’un talmud torahh (école d’apprentissage du judaïsme) qui accueille bientôt des dizaines d’enfants et d’adultes de tous les horizons, reste entier un autre défi: celui, pour ce qui est devenu la «Communauté Israélite Libérale de Belgique», de trouver sa place légitime au sein du judaïsme belge.

Car depuis ses débuts, Beth Hillel, de par le judaïsme qui y est enseigné et pratiqué – et dont une grande majorité de la population juive de l’époque ignore, alors, le précédent, dans l’histoire des Juifs du pays: celui d’un judaïsme belge consistorial du XIXème siècle encourageant vivement les fidèles des différentes synagogues du pays à s’inscrire dans cette doctrine libérale, progressiste et universaliste venue d’Allemagne et évoquée ci-dessus - est mise en marge de la vie juive environnante, comme en témoignent des propos violents tenus à son encontre le soir de Kol Nidré de l’automne 1970, dans la Grande Synagogue de la rue de la Régence à Bruxelles, ou le refus des instances religieuses consistoriales d’assurer l’inhumation de certains Juifs de Beth Hillel dont la judéïté est prétendument insatisfaisante.

Fort heureusement, grâce à la voie imperturbable que se fixe le rabbin Dahan d’inscrire les fidèles de sa synagogue dans le chemin d’un judaïsme à la fois fidèle à la tradition d’Israël et attentif aux exigences d’une judéité dans la Cité, les mentalités évoluent: le mépris cède la place au respect.

Celui-ci se manifeste une première fois avec l’invitation qui est faite, en 1978, au rabbin Dahan d’assister aux cérémonies commémoratives du 100èmeanniversaire de la Grande Synagogue consistoriale de Bruxelles.

Cependant, la douloureuse question d’assurer à tout Juif le droit de passer d’une manière juive de vie à trépas ne peut attendre la progression escomptée de l’insertion de la communauté libérale dans le reste de la société juive environnante.

Le conseil d’administration, sous l’impulsion d’Emmanuel Wolf, décide de mener à bien le projet d’un cimetière juif indépendant qui échapperait au monopole des deux sociétés juives d’inhumation d’obédience orthodoxe alors en place. Grâce à de nombreux appuis, la Commune d’Auderghem, codétentrice de parcelles de terre avec d’autres communes de l’Agglomération bruxelloise, décide d’accorder à la synagogue Beth Hillel une concession, dans le cimetière de Kraainem: Gan Hashalom voit le jour.

Aujourd’hui, la Communauté Israélite Libérale de Belgique est représentée dans un grand nombre d’institutions juives du pays.

Au sein d’une équipe dynamique, en collaboration étroite avec Giny Susswein-Tihon, secrétaire de la synagogue depuis plus de vingt ans, d’anciens présidents du Conseil d’administration participent toujours au devenir de Beth Hillel, tels Willy Pomeranc, l’artisan de la reconnaissance, par les autorités publiques, de la «Fabrique d’Eglise» synagogue Beth Hillel – appellation juridique adéquate - grâce à laquelle celle-ci bénéficie non seulement de subsides de fonctionnement mais également d’apports financiers ayant permis, en plus de la générosité de nombreux fidèles et amis, la réalisation de la construction du nouveau bâtiment rue des Primeurs,80 inauguré officiellement le 7 Eloul 5765 (11 septembre 2005).

JWH