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"Agir en juif, c'est chaque fois un nouveau départ sur une ancienne route" Abraham Heschel

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Le 14 février... Aussi pour l'Amour du Judaïsme

February 14, 2018 4

« L’amour du judaïsme, l’amour dans le judaïsme »: idées cadeaux (livres, BD, DVD) pour chouchouter vos aimés, et / ou vous-même ...

Marek HALTER – « Le judaïsme raconté à mes filleuls »
« Sait-on formuler la différence entre Israélite, Juif et Israélien ? L'Israélien est celui qui a un passeport israélien. Cela va de soi. Mais l'Israélite ? Est-ce une personne qui pratique la religion juive ? Mais alors qu'est-ce qu'un Juif ? Et de surcroît un Juif qui n'a pas de religion ?
« J'ai été souvent tenté d'expliquer pourquoi je me sens profondément Juif tout en étant laïque et ce que signifiait pour moi le judaïsme. Tout au long de mes précédents ouvrages, j'ai raconté non pas le judaïsme, mais des histoires de Juifs. Aujourd'hui, mes chers filleuls, j'aimerais évoquer pour vous une culture et des hommes hors du commun que j'aime et qui me portent depuis l'enfance: Abraham, Moïse, Ezra... Jetés dans l'aventure naissante d'une humanité en proie au mal, ils trouvèrent le moyen de s'en défendre grâce à l'établissement du premier monothéisme et au livre le plus lu dans le monde, la Bible... C'est sur ce chemin-là, celui d'un peuple et d'une mémoire qui ont survécu aux siècles, que je voudrais vous conduire. Car je suis de ceux qui espèrent encore que la connaissance des "autres" sera toujours la nourriture de la paix de demain. »
Un livre très agréable à lire, qui permet de resituer les éléments de base du judaïsme, avec tout le talent que l’on connaît chez Marek HALTER. Idéal tant pour les ados que pour les adultes.

 

 

Contes Yiddish en bandes dessinées
« Parce qu’ils sont parfois très drôles, parfois très sages et souvent drôles et sages à la fois, les contes yiddish s’adressent vraiment à tout le monde.
Comme tous les contes, ils apprennent à se débrouiller dans la vie.
Mais dans les contes yiddish tous les coups ne sont pas permis !
La meilleure façon de s’en sortir, c’est encore de réfléchir.
Et ce qui est vrai pour le héros l’est aussi pour vous.
Chaque conte yiddish pose une question :
Un mendiant affamé peut-il triompher d’un aubergiste sans cœur ?
A quoi sert un miroir ?
Un bon père doit-il répondre si on lui demande l’heure dans un train ?
Comment se faire rembourser une dette ?
Et si les questions sont multiples, les façons de réfléchir le sont aussi.
On peut s’y prendre en rêvant, en prenant la route, ou en faisant semblant de dormir, par exemple. De toute façon, chaque question aura une réponse ».
Une très chouette bédé en petit format, accessible à tous les âges. Un vrai bonheur.

Scénarios de Thierry Lamy

* Le fourbe et l’avare, par Raphaëlle Michaud
* Pauvreté, par Laurence Clément
* Comprendre le Talmud, par Clémence Paldacci
* Cela aurait pu être pire, par Raphaele Lennoz
* Un mort sans tête, par Patrick Lacan
* Ce qu’elle a de plus précieux, par Céline Adriaens-Nguyen Ngoc
* Comment ne pas mourir, par Odile Santi

 

Aharon APPELFELD - Les promesses de l’amour
(notes de lecture Par Alexandre (Ezra) Piraux)
Je vous propose trois livres sur le thème de l’Amour, à découvrir ou à redécouvrir : le premier relate l’histoire d’amour tardive entre un vieil écrivain gravement malade en bout de course et une femme jeune qui travaille chez lui, le deuxième décrit l’amour passionné et réciproque entre une mère et son fils unique, le dernier roman évoque un amour conjugal évidemment problématique.
Aharon Appelfeld est l’auteur du premier ouvrage que je vous recommande L’amour, soudain (Editions de l’Olivier, 2004). Avant d’en faire état voici quelques éléments significatifs de sa vie qui ont toute leur importance au regard de son oeuvre.
Le romancier israélien vient de décéder ce 4 janvier 2018 dans la localité de Petah Tikva, à l’âge de 85 ans. Petah Tikvah  פֶּתַח תִּקְוָה, veut dire Ouverture vers l’espoir.
Petah Tikva fut également le berceau du mouvement socialiste sioniste. Aharon Appelfeld z''l a essayé de réaliser toutes ces espérances.
Né à Czernowitz (Roumanie)  actuelle Ukraine, il est issu de parents juifs assimilés germanophones, parlant aussi le ruthène qui est une langue aujourd’hui éteinte, le français et le roumain. Déporté dans un camp de concentration en Ukraine en 1942, il parvient à s’enfuir et vit dans des forêts. Il arrive clandestinement en Palestine en 1946. Aharon a alors 14 ans et est seul au monde.
Sa rencontre avec Samuel Joseph Agnon (Prix Nobel de littérature 1966) le convainc que « le passé, même le plus dur, n’est pas une tare ou une honte mais une mine de vie ». À la fin des années 1950, il décide de se mettre à écrire, en hébreu, qui deviendra sa « langue maternelle adoptive ». Sa vie durant il aura peur de perdre la connaissance de cette langue apprise tardivement.  « Parfois je me réveille, avec l'angoisse que cet hébreu acquis avec tant de peine disparaît. Je veux l'attraper, je ne peux pas ». Appelfeld refuse de se laisser cataloguer autant dire enfermer, comme écrivain de la Shoah. Et il a bien raison. Aharon Appelfeld est également un poète doté d’une formidable acuité psychologique dans la description de ses personnages.

Dans son roman L’Amour, soudain, il décrit pudiquement la relation d’amour entre une jeune femme de trente ans et un vieil écrivain, rassasié de jours, tombé gravement malade. La jeune femme se glisse dans son lit pour calmer ses douleurs, telle la jeune fille Abishag la Sunamite réchauffant chastement le Roi David avancé en âge. C’est une belle histoire d’amour non conventionnel. Leur rencontre est en quelque sorte un évènement qui les dépasse.

La promesse de l’aube, paru en 1960 (Gallimard), est certainement un des romans les plus émouvants et drôles de Romain Gary, de son vrai nom Romain Kacew. Authentique héros de la résistance, pilote de la Royal Air Force, Compagnon de la Libération, diplomate fantasque, amoureux éperdu, Prix Goncourt à deux reprises sous des noms différents, scénariste, réalisateur, telles sont les nombreuses vies de cet homme protéiforme. Cet homme passionné et passionnant est né à Wilno (à l’époque dans l’empire russe) en 1914. Sa mère Nina lui voue une adoration sans limites et lui prescrit d’être un artiste ou un ambassadeur célèbre et de préférence cruel avec les nombreuses femmes qu’il va séduire. Le but de sa vie sera de répondre à ces exigences un peu folles et de tenir les promesses faites à sa mère à l’aube de sa vie. Il écrit :

« Avec l'amour maternel, la vie vous fait à l'aube une promesse qu'elle ne tient jamais. On est obligé ensuite de manger froid jusqu'à la fin de ses jours. Après cela, chaque fois qu'une femme vous prend dans ses bras et vous sert sur son coeur, ce ne sont plus que des condoléances. On revient toujours gueuler sur la tombe de sa mère comme un chien abandonné. Jamais plus, jamais plus, jamais plus. Des bras adorables se referment autour de votre cou et des lèvres très douces vous parlent d'amour, mais vous êtes au courant. Vous êtes passés à la source très tôt et vous avez tout bu. Lorsque la soif vous reprend, vous avez beau vous jeter de tous côtés, il n'y a plus de puits, il n'y a que des mirages. " La force des romans de Romain Gary est celle de l’amour toujours excessif et de l’humour.

 

 

 

 

Dans Mari et femme (Gallimard), Zeruya Shalev révèle, avec une précision cruelle et un souci des détails les plus crus, ce qu'elle appelle "la tragédie quotidienne de l'existence". Naama et son mari Oudi se connaissent depuis l'adolescence, sont mariés et ont une fille de dix ans. Ils mènent une vie de couple ordinaire, plutôt fusionnelle jusqu'au jour où Oudi se réveille avec les jambes paralysées. Les médecins ne décèlent aucune cause physique, c'est, selon eux, un symptôme de "conversion". Elle prend alors progressivement conscience que c’est le fonctionnement de leur couple qui est immobilisé, tout comme le développement de sa propre vie. Dans ce roman, Zeruya Shalev dévoile le déroulement de la pensée d'une femme, de ses relations avec sa fille et avec son mari dépressif et exigeant. Elle a tendance à confondre les rôles, à être parfois le parent de Oudi et l’enfant de sa fille. Ils sont tous les trois très dépendants et possessifs. Que va-t-il se passer ? Va-t-elle sauver son couple et/ou vivre enfin en harmonie avec elle-même ? Mais qu’est-ce que l’amour en fin de compte, si ce n’est une question de plus, à laquelle chacun apporte la réponse qu’il peut.

 

 

 

 

 

 

Abraham-Joshua HESCHEL – « Les bâtisseurs du temps »
« La langue hébraïque ne possède point de mot pour dire chose, et les Juifs disent bon pour beau. Manquent-ils de sens esthétique, ne savent-ils point compter ? Ou, plus simplement, leur domaine est-il autre ? La civilisation, répond Abraham Heschel, n'est pas simplement une technique dédiée à la puissance de l'homme ; elle ne se mesure pas à l'entassement des objets, ni à l'accumulation des connaissances. C'est un certain art de maîtriser le temps, d'introduire le sacré dans nos travaux et dans nos jours. Tel est l'art de vivre qu'ont édifié les Juifs et que le Sabbat continue à nous enseigner. »

 

 

 

 

 

Chaïm Potok – « L'Élu » (Titre original: "The Chosen")
« Tandis que l'Amérique vit au rythme de l'avancée alliée en Europe, une partie de base-ball acharnée précipite la rencontre de Danny et Reuven, deux adolescents du quartier de Brooklyn issus de communautés juives radicalement opposées. Malgré leurs différences, naît entre eux une amitié profonde et sincère, défiant un monde que les logiques communautaires étouffent. » 
Le film tiré du livre : « The Chosen » (DVD en anglais)


 

 

 

 

 

 

Haïm TABAKMAN - « Tu n’aimeras point » (Titre original: "Eyes wide open") (DVD)
« Tu n’aimeras point » est un film de Haïm Tabakman sorti en 2009 et dont le sujet peut faire grincer des dents certains : à savoir, une histoire d’amour entre hommes dans le milieu ultra-orthodoxe de Jérusalem.
Aaron est boucher à Mea Shearim, quartier ultra-orthodoxe de Jérusalem. Il est marié à Rivka et ensemble, ils élèvent quatre enfants. De plus, il reprend la boucherie de son père tout juste décédé. Cette vie simple et rythmée par les mitvot journalières va être ébranlée lorsque Ezri, un jeune homme de 22 ans, va frapper à la porte de sa boucherie. S’en suivra une passion amoureuse dévorante, cantonnée dans la chambre froide de la boucherie et au lac qui se trouve à l’extérieur de la ville et qui leur servira de mikve… Ils seront découverts par des membres de la communauté et une chasse aux sorcières sera mise en place, allant jusqu’au boycott de la boucherie …
DVD aux éditions Optimale

 

 

Rama BURSHTEIN - « Fill the void » (DVD)
Shira est une jeune fille de 18 ans issue du milieu Hassidique de Jérusalem. Sa sœur, Esther, meurt en accouchant. Son beau-frère doit partir aux Pays-Bas où il doit contracter un Shiddour (mariage arrangé) afin que son bébé puisse avoir une mère… Se désespérant du départ de son petit-fils, la mère de Shira a l’idée de pousser celle-ci à épouser son beau-frère afin d’élever l’enfant de sa sœur.
Rama Burshtein est née à New-York en 1967, puis déménage à Jérusalem quand elle a un an. Elle devient Harédi à l’âge de 26 ans. Elle fait alors partie d’un collectif de femmes ultra religieuses qui financent, écrivent et produisent des films pour la communauté. Elle est la première cinéaste ultra-orthodoxe à sortir de son milieu pour proposer ses films. « Fill The void » est son premier film. Selon la réalisatrice, ce film ne ciblait pas un public hassidique, cette branche du judaïsme étant méfiante envers le cinéma – elle assure néanmoins s'être assurée de l'accord de son rabbin et avoir reçu de nombreux témoignages favorables de membres de sa communauté.