9 h 45. Les portes s’ouvrent. Dans le sanctuaire, Moussaf suit Chaẖarit. Le Minẖah se fond dans Yizkor. Kippour se déroule. Les membres arrivent, repartent, reviennent. La journée semble avoir plusieurs vies.
Depuis la bimah, la journée du Kippour est particulière. Face à l’assemblée, quatre personnes portent la journée : Rabbi Marc, Assaf Levitin, ẖazzan, Naaman Wagner, pianiste et Vincent, chomer. Les deux musiciens venus de Berlin accompagnent Beth Hillel pendant les fêtes. Ils découvrent une assemblée qui ne cesse de s’étoffer au fil des heures. « L’assistance présente dès Chaẖarit et l’afflux continu de personnes durant le Moussaf m’ont agréablement surpris. Démarrer avec un Mah Tovou à Yom Kippour avec une trentaine de personnes présentes, c’est une belle façon de commencer cette journée marathon », observe le cantor.
Sur la bimah, défilent des membres. En effet, les honneurs se succèdent. Pour certains, monter à la Torah, lire un texte ou encore ouvrir l’Arche est une manière de commémorer un proche disparu. Pour d’autres, c’est simplement l’occasion de prendre part à la vie de la communauté. « L’organisation des honneurs demande concentration et précision. Mais elle donne un rythme à la journée. Ceux qui sont sur la bimah ne portent pas seuls Kippour : la communauté les accompagne », affirme Rabbi Marc.
La journée est pourtant longue. Très longue. Entre les offices, des pauses. Elles permettent de reprendre son souffle. Certains sortent marcher quelques minutes. D’autres s’installent sur un banc. Dans la garderie en haut, des parents s’allongent un instant.
À la Ne’ilah, plus de 250 personnes sont réunies dans le sanctuaire. De nourrissons à grands-parents. Des jeunes venus entre amis. Les générations se mélangent. La fatigue est visible chez certains. Mais personne ne semble vraiment pressé de partir. Tout un chacun tient à vivre ce moment particulier : le passage sous les talitot. Une marée de talitot s’élève au-dessus de l’assemblée. Sous les étoffes blanches se nichent des familles, des amis, des connaissances. Quelques instants suspendus, où les frontières entre les générations semblent disparaître.
20 h 34. La havdalah et le jeûne prend fin. Après une journée passée entre prière, silence, déplacements et retrouvailles, les premiers sandwiches apparaissent. Le quartet, Rabbi Marc, Assaf Levitin, Naaman Wagner, Vincent apprécient ce moment convivial, celui où l’on peut enfin décompresser.
