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"Agir en juif, c'est chaque fois un nouveau départ sur une ancienne route" Abraham Heschel

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Pessah̲


C'est avec Roch haChanah et Yom Kippour la plus grande fête de l'année. Pessah̲ célèbre la sortie d'Egypte du peuple hébreu, le moment où les Hébreux cessent d'être esclaves, où ils accèdent à la liberté.

Pessah̲ est avec Chavou'ot et Souccot l'une des trois fêtes de pèlerinage. A l'époque biblique, les pèlerinages au Temple de Jérusalem étaient un commandement pour les Juifs. Pessah̲ est aujourd'hui  célébrée pendant 8 jours, à partir du 15 Nissan.

Comme les deux autres fêtes de pèlerinage, Pessah̲ repose sur des fondements à la fois historiques et agraires. Si historiquement, elle commémore la sortie d'Egypte, du point de vue agraire, elle est la célébration du printemps et le début de la moisson de l'orge.

La fête de Pessah̲ a plusieurs noms qui révèlent ses différentes significations:

  • H̲ag haPessah̲, la fête du passage, du "saut"
  • H̲ag haMatzot,  ou la fête des azymes
  • Zeman h̲érouténou, le temps de notre liberté,
  • H̲ag haAviv, la fête du printemps

H̲ag haPessah̲, ce nom se réfère au récit biblique du "passage" de l'ange qui mit à mort tous les enfants premiers-nés des Egyptiens, mais qui "sauta" par-dessus les maisons des enfants d'Israël afin de les épargner. (Ex, 12, 27)

H̲ag hamatzot, rappelle l'interdiction de manger du hamets (levain), ainsi que la prescription de manger de la matzah, c'est à dire du pain non levé, en souvenir des enfants d'Israël qui durent quitter l'Egypte en toute hâte, sans avoir eu le temps de faire lever la pâte à pain.

Zeman h̲érouténou, "le temps de notre liberté". Cette expression est reprise plusieurs fois dans la liturgie des offices, parce que Pessah̲ signifie avec la sortie d'Egypte, la fin de l'esclavage. Le peuple hébreu devient enfin un peuple libre.

H̲ag haAviv, parce que le mois de Nissan correspond toujours soit au mois de mars, soit au mois d'avril. Pessah̲ est donc célébrée au début du printemps et coïncide avec le début de la moisson de l'orge.

La préparation de Pessah̲ est beaucoup plus importante que celle des autres fêtes. L'interdiction absolue de consommer la moindre miette de h̲ametz nécessite un nettoyage méticuleux de la maison. Par h̲ametz on entend toutes les espèces de céréales dont le contact avec l'eau pourrait entraîner la fermentation: froment, orge, épeautre, seigle et avoine. Le riz et les légumineuses sont également interdits pour les Ashkénazes, alors qu'ils sont autorisés chez les Séfarades.

Les deux premières nuits de Pessah̲ (deux en diaspora, une seule en Israël), on célèbre en famille ou au sein de la communauté, le Seder, repas festif en commémoration de la sortie d'Egypte. C'est un des rituels les plus observés au sein du peuple juif et du point de vue symbolique un des plus importants. Le repas se déroule selon un ordre (seder) traditionnel où l'on consomme des aliments ayant chacun une signification symbolique, on lit la Haggadah, récit de la sortie d'Egypte, et on chante des hymnes traditionnels.

A l'époque du Temple, le rituel de Pessah̲ se réduisait au sacrifice de l'agneau mais après la destruction du Temple et l'impossibilité de continuer à faire des sacrifices, les rabbins durent réordonner le rituel afin qu'il devienne une tradition qui puisse être transmise de génération en génération. Ils s'inspirèrent du texte biblique qui prescrit que l'agneau pascal une fois sacrifié devait faire l'objet d'un repas. Les règles du rituel de ce repas furent fixées peu à peu. Elles sont formulées la première fois dans la Michnah (traité Pessah̲im). L'ordre symbolique de la récitation des prières et de la consommation des mets rituels exprime tour à tour la louange, l'action de grâce et la joie.

  • Les objets rituels pour célébrer le Seder:

La Haggadah, nom donné au livre qui contient l'ordre liturgique de la cérémonie ainsi que le récit de la sortie d'Egypte.

Le plat du Seder qui doit contenir un os cuit (zero'a), symbole de l'antique sacrifice de l'agneau, un oeuf cuit, (bétzah) qui symbolise le sacrifice spécial offert en l'honneur de la fête de Pessah̲ à l'époque du Temple, les herbes amères (maror) qui rappellent les souffrances endurées par les Hébreux en Egypte, le harosset, mélange pilé de pommes, de noix, de vin et de cannelle, en souvenir du mortier utilisé par les esclaves hébreux pour construire les villes de Pharaon, le karpas, persil ou tout autre légume vert que l'on trempe dans de l'eau salée et dont l'objectif est de susciter les questions des enfants. Le karpas peut aussi symboliser le passage de la Mer Rouge, et enfin l'eau salée (meï melah) qui symbolise les larmes versées par les enfants d'Israël en Egypte.

Trois matzot  (rappelons que la matzah est une galette de pain non levé, appelée encore pain azyme). Deux des trois matzot représentent les pains habituels de Shabbat et des jours de fête, la troisième étant spéciale pour le Séder.

Les quatre coupes de vin: elles sont un élément central du Seder, et sont bues à quatre moments précis. Elles symbolisent les quatre termes qui expriment la Rédemption, dans la Bible (Ex 6,6-7)

La cinquième coupe dite "du prophète Elie": car n'ayant pas tranché la question de savoir si la Bible énonce ou pas un cinquième terme pour évoquer la Rédemption, les Sages se référèrent à la tradition rabbinique. Celle-ci enseigne en effet que les questions laissées sans réponse seront résolues par le prophète Elie,lorsque il reviendra annoncer les temps messianiques.

Après le repas, la porte de la maison est entrouverte et le prophète Elie est symboliquement accueilli. A l'origine, la porte devait être ouverte pendant toute la durée du Seder pour signifier aux pauvres qu'ils étaient invités à entrer et à partager le repas. Cette coutume dut malheureusement être abrogée au Moyen Age car, étant donné l'hostilité de l'environnement chrétien, les demeures juives risquaient d'être attaquées.

Monique Ebstein z"l