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"Agir en juif, c'est chaque fois un nouveau départ sur une ancienne route" Abraham Heschel

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Mathias Elasri, Etudiant Rabbin propose un "parcours biblique" à Beth Hillel

October 24, 2021 2:

L'Etudiant Rabbin Mathias Elasri (5ème année, au Leo Baeck College, Londres), fait son stage à Beth Hillel cette année.
Pour rendre son séjour plus agréable, nous cherchons parmi les membre et ami.e.s de Beth Hillel une famille qui serait désireuse de l'accueillir du 18 au 24 octobre 2021 (6 nuits).
Idéalement, vous habitez près de Beth Hillel ou la liaison en transports en commun est aisée.
Si vous aimeriez accueillir Mathias, merci de nous contacter par les moyens habituels: info@beth-hillel.org et +32 2 332 25 28.

D'avance un grand merci!

Voici ce que Mathias nous prépare pour ses séjours à Beth Hillel (une semaine par mois)

Mathias Elasri est conteur, entre autres talents.
Il approfondit cette passion pour mettre en lumière l'importance de la narration dans la tradition juive, et en faire un outil concret d'étude, dans divers contextes.

 

 

 


Parcours Biblique

Il y a cinq ans, le ciel blanc s’émiettait doucement en une neige pelliculeuse sur Paris. Un air froid et piquant soufflait sur la longue file d’attente de curieux frigorifiés devant le Centre Georges Pompidou venus voir l’expo "La Trahison des Images" de Magritte. Ce tableau représente une pipe légendée par la mention “Ceci n’est pas une pipe”.

Mais c’est un autre tableau qui retint mon attention : « La Clairvoyace », représentant un peintre qui prenant comme modèle un oeuf, dessine un oiseau aux ailes déployées sur sa toile.

Cette toile m’a aussitôt fait penser à l’épisode du buisson ardent dans le Livre de l’Exode.

En s’approchant du buisson, Moïse se décale. Il fait un pas de côté pour recevoir en quelque sorte la légende de l’image, le cartel du buisson enflammé qui ne dit pas « Dieu » ou « buisson » mais « Je serai ce que je serai ».
En quelque sorte ... « Ceci n’est pas un buisson ».
Selon Magritte, dans ce tableau « la Clairvoyance », l'idée dépeinte était de suggérer que la fonction du créateur n’était pas de peindre le réel, mais ce que les yeux ne voyaient pas encore.

En cela il marchait sur les pas du précepte talmudique qui dit que ce qui fonde la maison d’étude, (ce n’est pas un maître, ce n’est pas même le texte mais) c’est la recherche sans cesse de la nouveauté.
L’artiste peint par Magritte était alors, tel le talmudiste, à l’image de Dieu se conjuguant lui-même au futur depuis le centre du buisson ardent.

Bruxelles, offre un patrimoine culturel parmi les plus riches du monde. Ses rues résonnent encore des secrets de siècles d'histoires et tableaux et pièces d'artisanat d'art du monde entier et particulièrement Magritte.

Je vous propose donc de cheminer dans un “parcours biblique”, en s'arrêtant plus particulièrement (à raison d'une fois par mois) sur un tableau, un musée ou un courant artistique sur lequel nous souhaitons nous attarder et de le faire résonner avec un épisode biblique.
Nous tenterons ainsi de faire dialoguer étude biblique et éducation du regard.

Nous nous pencherons sur plusieurs questions, parmi elles ce qui fonde le statut d’une oeuvre d’art mai aussi ce que l’art peut renfermer de transcendant, pris entre l’interdiction de représenter et l’injonction de faire fructifier ce qui est « à l’image de Dieu ».